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7 - 2005 - Cohen
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Paul Cohen (Université de Paris VIII), La Tour de Babel, le sac de Troie et la recherche des origines des langues : philologie, histoire et illustration des langues vernaculaires en France et en Angleterre aux XVIè-XVIIè siècles, p. 31

 

Résumé français

À travers l’Europe des XVIe et XVIIe siècles, les humanistes ont réinventé la recherche de l’histoire des langues vulgaires. Cette recherche des origines des langues présentait un intérêt philologique réel, car elle permettait de mieux comprendre l’étymologie des mots et l’évolution des structures grammaticales. Mais le grand nombre de traités linguistiques retraçant la généalogie des langues doivent être situés dans leur contexte politique, culturel, religieux, et même polémique. La recherche des origines des langues constituait aussi un effort essentiel pour légitimer les langues vernaculaires en tant que langues savantes et littéraires. Une langue noble possédait nécessairement un noble lignage, et les historiens et philologues tentaient de remonter cette filiation pour associer leurs langues vulgaires respectives aux grands idiomes de l’Antiquité. Pour certains hommes de lettres protestants, par contre, démontrer que leur langue vernaculaire ne dépendait nullement du latin était un moyen de minimiser l’apport linguistique de Rome, symbole de l’église catholique détestée. Les débats autour de l’histoire des langues se confondent avec des arguments plus généraux concernant les rivalités dynastiques et la lutte entre protestants et catholiques. Il s’agit dans cet article de comparer la façon dont les hommes de lettres français et britanniques ont tenté de construire l’histoire de leur langue vernaculaire respective. Une telle étude contribue à démontrer que ces écrits doivent être lus dans un contexte européen de compétition politique et culturelle, de fascination humaniste pour le fait linguistique et de conflits religieux.

 

Abstract

Humanists across Europe during the sixteenth and seventeenth centuries focused intense scholarly attention on reconstructing the history of vernacular languages. The search for the origins of languages was of genuine philological concern, since it provided a means to reconstruct the etymology of words and to better understand grammatical structures. But the flood of linguistic treatises retracing the descent of languages must also be situated within their political, cultural, confessional, and even polemical context. The search for the origins of languages was an essential component of efforts to legitimate specific vernaculars as languages of literature and learning. To establish a particular vernacular’s venerable lineage, or to trace it to one of the great tongues of Antiquity, was a means to assign it a noble pedigree and increase its prestige. For certain Protestant scholars, to disprove a vernacular’s tie with Latin served as a means to downplay the linguistic contribution of Rome, symbol of the hated Roman church. Debates over the history of language, then, touched on larger arguments concerning dynastic rivalry and Protestant-Catholic conflict. This article compares the ways in which English and French men of letters set out to construct the histories of their respective vernaculars. It demonstrates how their writings can only be understand when set against a larger context of European cultural and political competition, humanist fascination with language, and religious conflict.

 

Paul Cohen

Paul Cohen est maître de conférences à l'Université de Paris 8 (Vincennes - Saint-Denis). Il est spécialiste d’histoire moderne et travaille sur l'émergence des langues nationales aux 16e-17e siècles en Europe. Parmi ses publications récentes : "Illustration du français et persistance des langues régionales: La pluralité linguistique dans la constitution des idéologies sociales en France à l‚époque moderne," in Lyon et l’illustration de la langue française à la Renaissance, éd. Gérard Defaux, Lyon, ENS Éditions, 2003, p. 116-134 ; "L’Imaginaire d’une langue nationale: L’État, les langues, et l’invention du mythe de l‚’Ordonnance de Villers-Cotterêts à l’époque moderne," Histoire Épistémologie Langage 25, n° 1, 2003, 19-69.



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Date de création : 07/03/2006 @ 21:20
Dernière modification : 02/10/2007 @ 11:03
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