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6 - 2004 - Avant-propos
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Avant-propos

Dans la préface à sa traduction des Bucoliques de Virgile, Paul Valéry montrait comment le traducteur était forcé de "mettre [ses] pas sur les vestiges de ceux de l'auteur". Remontant à l'époque virtuelle de la formation de l'œuvre, étape musicale selon lui, où les instruments d'un orchestre "s'éveillent, s'appellent les uns les autres", le traducteur devait ensuite descendre "de ce vivant état imaginaire" afin d'atteindre ce qui constituerait la résolution de son travail, c'est-à-dire le texte traduit lui-même.

 

C'est ce "vivant état imaginaire" et ses diverses résolutions que nous voulons ici tenter d'envisager, dans tous les aspects du voyage du texte, d'une langue à l'autre et d'un pays à l'autre. Dans un premier temps, c'est ce "travail de traduire", comme l'appelait Valéry, que nous abordons, à partir d'une série d'articles issus d'une journée d'études sur la traduction des sonnets de Shakespeare, organisée par Patrick Hersant le 27 mars 2004 à l'université de Paris VIII-Saint-Denis. L'intitulé de cette journée d'études, "'A Zealous Pilgrimage': traduire les sonnets de Shakespeare", laissait entrevoir l'importance de ce questionnement sur le mouvement du texte. Comment, en effet, atteindre ce lointain territoire de l'œuvre, cette terre sacralisée, puis, de ce pays éloigné, redescendre dans sa propre langue? C'est une question que l'on peut aussi poser à propos de la réception d'un texte dans un autre pays, qu'il y ait ou non traduction. Cela constitue le deuxième temps de ce numéro, consacré à la réception et à la naturalisation de l'Aminta du Tasse en France et en Angleterre. Les articles qui le composent sont issus d'une journée d'études sur ce thème, organisée par le séminaire Epistémè le 31 janvier 2004 à l’université de Paris III. Ces derniers travaux concluent — provisoirement — notre étude de la réception de la pastorale en France et en Angleterre (après "Pastorale et mélancolie", numéro 3 d'Etudes Epistémè et un numéro 4 consacré en partie à la réception du Pastor fido de Guarini en France et en Angleterre). Nous avons pu constater l’intérêt d'une approche comparatiste dans cet aspect particulier de l'histoire littéraire, approche que nous avons toujours privilégiée, et qui est nôtre désormais, au-delà de la diversité des thèmes abordés.

 

Etudes Epistémè accueille aussi des articles n'entrant pas dans les problématiques actuelles du groupe de recherches — comme celui qui clôt le présent numéro. Aussi, nous aimerions susciter, à partir d'autres œuvres que la pastorale, et d'autres pays que l'Italie, des travaux sur la traduction et la réception d'œuvres ou de genres dans un ou plusieurs pays d'Europe, puisqu'il semble que bien des aspects de ce "vivant état imaginaire" de la littérature restent encore à explorer.

 

Christine SUKIC


Date de création : 07/03/2006 @ 15:48
Dernière modification : 07/03/2006 @ 16:12
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