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16 - 2009 - A. Efstathiou-Lavabre

Théâtre et thérapie en Europe au XVIe et au XVIIe siècles

 

Le désir de programmer une demi-journée d’études sur « Théâtre et thérapie en Europe au XVIe et au XVIIe siècles » a émané avant tout du travail que j’ai réalisé dans ma thèse de doctorat sur l’œuvre dramatique de Richard Brome. Le dernier chapitre portait sur « La catharsis comique » et se proposait d’étudier la visée principale, mais non unique, du dédoublement théâtral bromien, c’est-à-dire la thérapie de personnages en proie aux affres d’une mélancolie, que la médecine traditionnelle ne parvient pas à soigner. Le travail accompli par le groupe Épistémè il y a déjà quelques années sur The Anatomy of Melancholy de Robert Burton [1] – ouvrage qui a incontestablement marqué les contemporains de Brome et Brome lui-même – m’a également permis d’affermir le choix de ce thème.

 

Il s’agit d’éprouver les articulations entre le théâtre et la thérapie à travers l’étude des textes dramatiques. Comme les titres des articles l’annoncent, « théâtre et thérapie » suscite des axes et des pistes de réflexions diverses et variées. Ici, seules les pièces de théâtre nous intéressent. Le numéro 13 des Études Epistémè, « Usages thérapeutiques du littéraire », dirigé par Ariane Bayle, regroupait déjà des articles éclairants dont les sources primaires n’étaient pas exclusivement dramatiques [2]. Afin donc de poursuivre une réflexion déjà très aboutie, il m’a semblé pertinent de se pencher uniquement sur le cas des œuvres dramatiques, afin de voir s’il existait une spécificité théâtrale autour de la notion de thérapie à l’intérieur des pièces elles-mêmes.

 

Mais il s’agit aussi d’éprouver ces articulations à l’échelle européenne. Ce choix de l’Europe, qui reflète l’envie d’Épistémè de travailler, aussi souvent que possible, dans un esprit comparatiste, permettant ainsi un enrichissement des problématiques, s’impose de lui-même. En effet, si la mélancolie ne semble épargner aucune âme en Angleterre - comme l'illustre la réplique de Blaze dans The Antipodes de Brome, « They all ail something » (I, i, 101) [3] -, le « mal du siècle » [4] comme les nuages, ne connaît pas de frontière, comme nous le rappelle Robert Burton : « And thence it comes to passe that in Citty and Country so many grievances of body and minde, & this feral disease of melancholy so frequently rageth, and now domineeres almost all over Europe amongst our great ones. » [5]

 

Athéna Efstathiou-Lavabre


[1] Robert Burton, Anatomie de la mélancolie, préface et dossier, choix et traduction nouvelle établis sous la direction de Gisèle Venet, Paris, Gallimard, 2005.

 
[2] Voir Les usages thérapeutiques du littéraire, in Études Epistémè, n° 13 (printemps 2008) : disponible sur http://www.etudes-episteme.org/ee/.

 

[3] Richard Brome, The Antipodes, in Three Renaissance Travel Plays, éd. Anthony Parr, Manchester, Manchester University Press, 1999.

[4] "II. Le mal du siècle : la mélancolie", in Jean Robert Simon, Robert Burton  (1577-1640) et "l'Anatomie de la mélancolie", Paris, Didier, p. 164-175.

[5] "2.2.4.1. Exercise Rectified of Body and Minde", in Robert Burton , The Anatomy of Melancholy, éd. Thomas C. Faulkner, Nicolas K. Kiessling et Rhonda L. Blair, 6. vols., Oxford, Clarendon Press, 1989-2000, vol. 2, p. 68.

Date de création : 08/11/2009 @ 15:11
Dernière modification : 11/12/2009 @ 22:09
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