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8 - 2005 - Avant-propos
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Numéro spécial

CHARLES REGNAULT, MARIE STUARD, REYNE D'ECOSSE (1641)
Edition, introduction et notes par Anne Teulade


Avec ce numéro 8 des Études Épistémè, consacré à l’édition par Anne Teulade d’une tragédie française du XVIIe siècle, Marie Stuard, reyne d’Ecosse, écrite par Regnault vers 1638, nous abordons le deuxième numéro spécial de la revue consacré à un travail éditorial original. Il continue à s’inscrire dans l’optique des études comparatistes entre Grande Bretagne et Europe des XVIe et XVIIe siècles qui inspire nombre de nos rencontres au sein d’Épistémè et dans le prolongement de nos “ateliers théâtre” où nous nous intéressons à des textes dramatiques rarement ou jamais réédités.

Le numéro 5 de la revue présentait l’édition critique avec traduction, par Antoine Ertlé, d’une pièce anglaise de Middleton, A Game at Chess / Une partie d’échecs, jouée en 1624, qui mettait en évidence les relations complexes de l’Angleterre de Jacques 1er avec l’Espagne et les conflits idéologiques entre protestants et catholiques qu’entraînait la menace d’un mariage entre son fils, le futur Charles 1er, et l’Infante. La forme donnée à la pièce, insolente comme un pamphlet, est à la fois unique en son genre et partie prenante d’un genre dramatique anglais toujours tenté de se prononcer sur l’histoire politique nationale, fût-ce par l’intermédiaire des histoires d’autres nations. Le choix fait par Anne Teulade (Université de Nantes) d’une « tragédie du martyre » impliquant Marie Stuart, la reine catholique, et le rôle joué par la reine protestante, Élisabeth 1ère, dans son arrestation puis sa décapitation, attire à nouveau l’attention sur une de ces figures perçues différemment selon la culture nationale qui s’en empare et les prises de position idéologiques qui entrent en conflit. C’est encore l’occasion d’éclairer un genre littéraire national en partie façonné par le choix de cette figure tragique, mais aussi de mettre en évidence une manière nationale, française, de traiter l’histoire au théâtre. L’introduction très développée que propose Anne Teulade à cette tragédie, dans l’esprit des éditions de textes précises et rigoureuses pratiquées par les spécialistes de littérature française, s’attache en effet à la question du « genre » qu’entraîne la mise en théâtre de ce « martyre » de la reine Stuart en liaison avec d’autres modalités des genres dramatiques en France, vers 1640 ; mais elle propose aussi de replacer ce sujet dans une histoire nationale dominée par un parti « dévot » et par la figure de Richelieu.

Cette publication « en ligne » s’inscrit donc bien dans notre projet de rendre accessibles des œuvres des répertoires anglais et français, en marge, pour nous, du corpus shakespearien et de l’histoire anglaise des XVIe et XVIIe siècles, mais elle s’associe également à la « collection en ligne » de textes français dirigée par Georges Forestier, publiée sur le site hébergé parFabula de son Centre de Recherche sur l’Histoire du Théâtre, à l’université de Paris IV, et qui compte déjà plus d’une trentaine de titres. Une tragédie de 1691, d’Edmé Boursault, intitulée Marie Stuard, Reine d’Ecosse, éditée par Chloé Le Vaguerès, y figure et peut fournir des éléments de comparaison en complément de la tragédie de Regnault éditée par Anne Teulade que nous remercions ici chaleureusement pour la richesse son édition.

Gisèle Venet et Line Cottegnies


Date de création : 05/03/2006 @ 21:44
Dernière modification : 15/03/2006 @ 22:09
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