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4 - 2003 - Avant-propos
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Dans le troisième numéro d’Études Épistémè, nous abordions pour la première fois la question de la pastorale, ou plutôt des pastorales. C’était un début qui n’en était pas un, puisque nous entrions en Arcadie par un des lieux essentiels de la pastorale — la mélancolie. S’y était ébauché le désir de confronter les littératures d’Europe — en particulier de France et d'Angleterre, puisqu’il semble bien que les codes y soient différents — aussi bien que les méthodes d’approche des francisants et des anglicistes : tel a toujours été le fonctionnement, le foisonnement d’Épistémè, qui s’est avéré nécessaire et fructueux dans notre travail sur la pastorale, les pastorales. Notre numéro trois, consacré à " Pastorale et mélancolie ", en fut le résultat, déjà abouti mais encore ouvert, puisqu’il suscita le souhait d’aller plus loin. Il montra que la confrontation avec les codes européens, en particulier italiens et anglais étaient nécessaires, d’autant plus que le travail sur la pastorale anglaise était encore très fragmentaire.

 

En effet, dans ce retour aux origines que constitue l’étude de la réception des grandes œuvres de la littérature pastorale italienne en France et en Angleterre, il est évident que les études anglaises ont un certain retard sur les études françaises — ou italiennes. Alors qu’il existe déjà plusieurs ouvrages consacrés à la réception du Pastor fido de Battista Guarini, de l’Aminta du Tasse ou du Pentimento amoroso de Luigi Groto — pour ne citer que quelques œuvres italiennes — dans la France du XVIIe siècle, l’Angleterre semble demeurer une île, insula / isola. Pourtant, la diffusion des textes " continentaux " y a été aussi rapide qu’ailleurs, et la traduction — ou même l’édition — de textes étrangers aussi courante au cours du XVIIe siècle. C’est à ces " passages " d’un pays à l’autre que nous voudrions revenir dans ce présent numéro. Ils débutent en général par une première traduction du texte étranger, qui en suscite d’autres, traductions décrites dans le paratexte anglais de l’époque par des termes tels que " translation ", " traduction ", " transpassage " ou " transmigration ", indiquant tous ce changement de lieu nécessaire à la " transposition " d’un pays à l’autre.

 

Aller plus loin dans notre étude des codes pastoraux signifie donc se porter en amont, à la source européenne, et en particulier italienne, de la pastorale, afin de déterminer les modalités de la naturalisation des textes, ici en France et en Angleterre. Cela veut dire aussi se porter en aval, à l’étape de la création, une fois la naturalisation effectuée, même si la conscience de cette naturalisation est parfois toujours présente. Notre parcours en Arcadie partira donc de la traduction et de la naturalisation du Pastor fido de Battista Guarini, jusqu’à la création, hors cette influence immédiate, de codes pastoraux, ou encore de réutilisation nourrissant des esthétiques locales, dans les domaines dramatique, romanesque ou poétique ou encore l’opéra.

 

Certains des articles de ce numéro sont issus des travaux d’Épistémè, notamment de la journée d’études qui s’est tenue le 25 juin 2003, consacrée à " Code pastoral et représentation : questions de genre(s) ". D’autres travaux viendront compléter cette étude de la naturalisation de textes d’un pays à l’autre, puisque la recherche est loin d'être achevée en ce domaine, tout au moins en ce qui concerne l'Angleterre. Nous avons déjà prévu, pour un avenir proche, de nous intéresser à un autre passage, celui de l'Aminta du Tasse, toujours en France et en Angleterre.

 

Guillaume Forain et Christine Sukic


Date de création : 08/03/2006 @ 13:11
Dernière modification : 08/03/2006 @ 13:11
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