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4 - 2003 - Tony Gheeraert
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Tony Gheeraert, L'Eden oublié: le brouillage des signes dans L'Astrée, p. 117


 

Résumé français. L'Astrée d'Honoré d'Urfé est souvent considéré comme un roman "baroque". Ce terme est particulièrement propre à qualifier cet ouvrage, non seulement en raison de sa théâtralité, mais aussi parce qu'il implique l'idée d'une crise du signe et de la signification. Or, dès les premières pages, Astrée comprend qu'elle ne peut prêter foi aux promesses de Céladon, et découvre que c'est l'amour, ce "tyran", qui, loin d'apporter le bonheur serein qu'il laisse espérer, ruine en fait le paradis pastoral en provoquant un décalage fatal entre les apparences et la réalité.

Seule, la "fontaine de vérité d'amour" – qui ne reflète pas celui qui la regarde, mais son bien-aimée ou sa bien-aimée – pourrait restaurer cet ordre perdu, mais, au début de l'histoire, des sortilèges empêchent les bergers de se rendre à la fontaine, et d'Urfé meurt avant d'avoir pu mettre fin à son roman. Dans le dénouement écrit par son secrétaire Balthazar Baro, tous les personnages principaux peuvent finalement interroger la fontaine de sorte qu'aucun secret ne demeure caché, mais cette résolution finale est ambiguë: les bergers goûtent enfin le repos amoureux qui était l'objet de leur quête, mais se retrouvent immobilisés dans une paix qui n'est pas sans ressemblance avec celle du trépas.

 

Résumé anglais. Forgotten Eden: The Blurring of Meaning in d'Urfé's Astrée

Honoré d’Urfé’s Astrée is often considered as a "baroque" novel. This term "baroque" is most apt not only because of the book’s theatricality, but also because it conveys the idea of a crisis of meaning: as early as the first pages, Astrée understands that she can’t trust the promises of Céladon, while the paradise in which the heroes could have lived is destroyed by love; this feeling provokes a fatal discrepancy between appearances and reality and so ruins pastoral harmony.

Only the "Fontaine de vérité d’amour" – which does not mirror the beholder but his or her beloved – could possibly restore this lost order, but at the beginning of the story, spells prevent the shepherds from going to the fountain and d’Urfé died before he could put an end to his novel. In Balthazar Baro’s dénouement, all the main characters can question the fountain, so that no secret remains hidden, but this final resolution is ambiguous: of course, the shepherds can rest, but they are frozen in a position that resembles death.

 

Note sur l'auteur

Tony Gheeraert, ancien élève de l’École Normale Supérieure, est Maître de Conférences à l’Université de Rouen. Il vient de publier chez Champion Le Chant de la grâce : Port-Royal et la poésie d’Arnauld d’Andilly à Racine (ouvrage récompensé par le prix P.G. Castex de l’Académie des Sciences Morales et Politiques).



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Date de création : 08/03/2006 @ 13:08
Dernière modification : 01/10/2007 @ 09:54
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